Lycées

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Parmi les 170 lycées sur lesquels la Région Lorraine exerce sa compétence, plusieurs bâtiments illustrent l'histoire de l'architecture scolaire depuis la fondation des Lycées sous le Premier Empire. Ainsi, certains sont installés dans d'anciens couvents devenus Biens Nationaux à la Révolution (Fabert à Metz, Poincaré à Nancy,...) transformant les cloîtres en cours et les chapelles conventuelles en chapelles de lycées. D'autres furent construits selon un plan régulier adapté aux propos pédagogiques de l'époque comme le lycée Raymond Poincaré de Bar-le-Duc édifié sous le Second Empire (arch. Charles Demoget). Tous ont bénéficié au cours de leur histoire parfois plus que bicentenaire d'adaptations pour les rendre conformes aux besoins des élèves et d'un enseignement en perpétuelle mutation :

  • jonction de bâtiments neufs répondant au goût néo-classique du 19e siècle (Fabert à Metz ou Poincaré à Nancy), à l'architecture wilhelminienne lors de l'Annexion en Moselle (Charlemagne à Thionville, Jean de Pange à Sarreguemines), démontrant le caractère novateur de l'architecture Art déco (internat Fabert à Metz avec les architectes Parisot et Millochau et l'ingénieur Jean Prouvé ; lycée Cyfflé à Nancy ; ...) déployant enfin de nouvelles techniques constructives pour accueillir les élèves toujours plus nombreux des Trente  Glorieuses (arch. Flageul à Jean de Pange à Sarreguemines, Jean Zimmermann à Longwy, Georges Pingusson à Henri Nominé de Sarreguemines, Gutton à Gérardmer...) ; ce perpétuel désir d'adaptation se retrouve dans les dernières constructions réalisées par la Région.
  • mise en place d'outils pédagogiques : instruments scientifiques (Poincaré à Bar-le-Duc, Fabert à Metz), cabinet de sciences naturelles (Fabert à Metz), bibliothèques (dont certaines sont l'héritage précieux des abbayes disparues, collection de modèles pour le dessin (Fabert à Metz),....
  • ouverture à l'art contemporain par la mise en place d'une politique systématique du 1% qui pourvut la Lorraine depuis les années 1960 d'œuvres dont beaucoup sont remarquables : céramique de Jouve (1910- 1964), mosaïque géologique de Camille Hilaire (1907-2004),...

Certains enfin ont repris des bâtiments assez prestigieux pour que l'on désirât les conserver : l'hôtel Continental pour le lycée hôtelier de Contrexéville, une villa de l'industriel Crépin-Lebond à Epinal (lycée Viviani)...

Une étude de l'Inventaire général est engagée pour mieux identifier architecture et mobilier scolaire situés en Région ; elle permettra de faire connaître ce patrimoine trop méconnu.

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Le lycée Marquette, ancienne faculté des arts de et théologie : 440 ans d’enseignement dans un même lieu

Dès sa fondation, l’université fut pourvue d’un bâtiment, le long de la Moselle, accrue en 1582 de la salle des actes et pourvue d’une aile parallèle en 1608. Touché par l’incendie de décembre 1613, la reconstruction de l’édifice fut financée par le duc de Lorraine. L’université se développe dès lors selon un plan en U autour de la salle des actes. Le XVIIe siècle fut peu propice à la création architecturale et il fallut attendre le retour de la paix pour de nouvelles constructions : la galerie et l’observatoire astronomique (1717-1721), l’aile jésuite puis la bibliothèque (1744). Après le départ de l’université pour Nancy, les salles de classes accueillirent les élèves du collège où enseignaient des professeurs séculiers puis, en 1776, l’une des dix écoles royales militaires. L’enseignement y été dispensé par des chanoines de Notre-Sauveur.

La Révolution conserva la vocation scolaire des bâtiments mais fit connaître à l’ensemble architectural sa première mutilation avec le percement de l’actuelle rue Saint-Martin. De 1793 à 1948, un sort différent attendait chacune des deux parties. A l’Est, les bâtiments abandonnés furent occupés, de 1872 à 1951, par l’usine Adt, célèbre pour sa production de carton laqué, devenue la société d’usinage des tubes électriques. A l’ouest, l’édifice du XVIIe siècle accueillit le collège municipal, l’école professionnelle et durant un temps l’école municipale Saint-Martin. Touché en partie par les bombardements en 1914, il rouvrit en 1920 alors que le quartier était profondément modifié par la création de la place Foch. Incendié en 1944, fragilisé par les inondations de 1947-1948, les ruines de l’ancienne université manquèrent d’être détruites mais furent intégrées dans le projet de l’architecte Parisot puis son successeur l’architecte départemental Mienville. Le décret de 1948 transformant l’ancien collège en établissement mixte avec internat conduisit à une extension sur une partie du terrain occupé par Adt, à l’emplacement de la commanderie des Antonistes et des bâtiments Jésuites. L’établissement scolaire achevé en 1958 reconquérait partiellement l’espace dévolu à l’enseignement avant 1793. La cour de l’ancienne université fait l’objet d’une restauration dans le cadre des travaux engagés par la Région pour la rénovation de l’établissement devenu le lycée Marquette.

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