Visite guidée de l'hôtel Ferraris

La façade principale ordonnancée

Les trois travées centrales s'ouvrent dans un avant-corps plus large et plus élevé que les parties latérales, conférant à l'ensemble un réel équilibre encore renforcé par l'emploi de larges chaînes d'angles à bossages et de cordons soulignant les niveaux. Le décor de la travée centrale comprend, au premier niveau, une clef à tête d'homme barbu grimaçant d'une grande qualité d'exécution, au deuxième niveau, un décor feuillagé associé au fronton de la porte-fenêtre; celle-ci s'ouvre sur un large balcon à garde-corps en fer forgé portant les chiffres des Ferraris-Fontette. Au troisième niveau, un vaste cartouche sculpté encadré de lions rampants et délimité par des cuirs portait primitivement les armoiries des deux familles.

La fontaine de Neptune

Située dans l’axe du corps principal, elle orne la cour dont elle constitue un décor « de fond de scène ». Elle était autrefois dotée de deux groupes sculptés représentant des amours et des dauphins, qui ont malheureusement disparu après la première guerre mondiale.

On peut voir encore les vestiges d’un décor peint : il s'agit d’un motif de fausse grotte avec la représentation de congélations et de coquillages. Il évoque l’ambiance des nymphées. Si l'auteur des peintures n'est pas connu, l'hypothèse la plus vraisemblable est d’attribuer ce trompe-l'œil au même atelier que celui de la sous-face du plafond, celui de Giacomo Barilli.

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L’escalier

À droite du porche, s'ouvre un exceptionnel escalier à l'italienne à trois volées. Le palier du premier étage est soutenu par des arcs diaphragmes à décor feuillagé. L'un d'entre eux est orné du chiffre des propriétaires Ferraris-Fontette, également présent sur la rampe d'appui en fer forgé, associé à des fleurs de lys et des rinceaux à décor de feuilles.

 

 

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Le décor en trompe-l’oeil

La grande originalité de l'escalier réside dans le décor en trompe-l'oeil de la galerie qui assure la liaison entre les pièces de part et d'autre de la cage d'escalier au second étage. Le décor, ainsi que le plafond peint, sont attribués au peintre italien Giacomo Barilli, mort en 1723, élève de Francesco-Galli Bibiena (1659-1739) à qui l'on devait, quelques années plus tôt, le décor de l'opéra de Nancy. Le dessous de la galerie à balustrade de bois, peint en trompe-l'oeil à la grisaille, simule des caissons à décor de feuilles stylisées associées à des coquilles. Dans le grand axe, deux cartouches opposés portent, l'un des trophées, l'autre des instruments de musique. Ce décor d'inspiration baroque répond à la découpe du jour faite de courbes et de contre-courbes qui s'ouvre sur la perspective du plafond peint de nuées peuplées d'oiseaux et de têtes joufflues d'enfants. 

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Le décor intérieur

L'intérêt du décor intérieur et des distributions de l'hôtel Ferraris consiste en la cohabitation harmonieuse entre deux programmes décoratifs. Réalisés, à près d’un siècle d’écart, ils sont aujourd’hui encore une belle illustration de l’évolution du goût.

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L'aile gauche : un exemple de la production de Joseph Beunat

Si les lambris ont conservé leurs dispositions d'origine, les portes et les adoucissements furent entièrement repris par l'ornemaniste Joseph Beunat (manufacture à Sarrebourg de 1805 à 1824, puis à Strasbourg, enfin à Paris). Fortement influencé par l'Antiquité classique, il dessina de nombreux modèles de génies ailés porteurs de couronnes de lauriers ou de trompettes, ces motifs étant réalisés en plâtre moulé, peint ou doré.

 

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L'aile droite : un exemple des principes de Germain Boffrand définis dans le Livre d'architecture (1745)

Selon la pratique parisienne, chaque pièce est dotée de lambris d'appui (haut de 80 cm sur 3 murs) et de hauteur (toute la hauteur du mur exposé au froid) en un parti innovant en Lorraine où l'on avait plutôt l'habitude de couvrir entièrement les murs de boiseries. En application du principe de la hiérarchisation des salles, le visiteur entre d'abord dans une antichambre (cabinet vert aujourd'hui centre de documentation du patrimoine) au plafond dépourvu de décor mais souligné par un adoucissement (élément arrondi entre le mur et le plafond) vigoureusement mouluré puis pénètre dans une pièce pourvue d'adoucissements à décor, ici des trophées militaires mi-antiques, mi-orientaux.

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Exposition l'Hôtel Ferraris :